Blog Archives -    Les carnets de Louis
 
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Citadelle de Besançon
Il y a quelques dizaines d'années, je faisais régulièrement des escapades à l'étranger pendant le week-end. Une de ces sorties m'a amené à Besançon. Le dimanche, avant de rentrer, je suis allé visiter la citadelle construite par Vauban. On y trouve un petit parc zoologique. A l'époque (ce n'est plus le cas) il y avait deux éléphants, que l'on pouvait approcher suffisamment pour leur caresser la trompe.
L'un de ces éléphants était un adulte, l'autre nettement plus petit. Le zoo vendait des friandises que l'on pouvait leur donner. J'en ai donc acheté un sachet et commencé la distribution.

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Eléphant que j'ai photographié au zoo de Barcelone
Le plus gros animal raflait systématiquement tout ce que je leur tendais. L'autre était sans défenses (enfin presque: elles étaient toute petites). Voulant que le petit ait quand même quelque chose, j'ai écarté la trompe du plus grand. Cela ne lui a pas plu. Il m'a envoyé une baffe du bout de son appendice nasal.
Il devait être très enrhumé, car j'avais la figure couverte d'une substance gluante, que j'ai essuyée sous les quolibets des personnes
présentes.
 
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Ce ne fut pas ma voiture, mais celle de mon père. Je la mentionne car j'ai eu souvent à la conduire.
Cette marque aujourd'hui disparue faisait partie du groupe "Auto-Union", appelé actuellement Audi.
Cette voiture était assez pétaradante, avec son moteur à deux temps et trois cylindres. Pour faire le plein, il fallait d'abord mettre de l'huile, puis la quantité exacte d'essence.
Elle avait encore la particularité d'avoir une roue libre enclenchable, qui supprimait le frein moteur. Dans les descentes, elle continuait sur sa lancée alors que le moteur tournait au ralenti. Ce dispositif, censé économiser du carburant, est maintenant interdit.

 
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Après l'échec de la remise en route de la Morris 1935, mon père m'a offert une Opel Rekord décapotable d'occasion. C'est à son volant que j'ai pu faire après mon baccalauréat un périple d'un mois à travers la France avec trois copains.
Je l'ai gardée quelques années. Ce fut la voiture de mes vingt ans. Heureusement qu'elle n'a pas pu raconter toutes mes frasques...

 
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Ce fut la voiture de ma prime enfance. Le plancher était en bois croisé. Il n'y avait pas de chauffage. Il y avait bien une sorte de climatisation : on pouvait ouvrir un déflecteur qui déviait l'air extérieur au niveau des mollets. Pas de clignotant, mais des "signofiles"; la commande faisait jaillir de son logement une flèche rouge éclairée qui se rabattait ensuite.
Mon père a parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres avec cet engin. Il est resté ensuite fidèle à la marque avec une Morris Minor.
J'ai eu le plaisir de conduire cette antiquité une seule fois. Pour fêter mon baccalauréat, mon père avait pensé faire réviser la vieille Morris qui était restée au fond d'un garage, afin que je puisse faire à son volant un voyage en France. Après les travaux, je l'ai conduite au Service des automobiles. Mais elle a été recalée à cause d'un système de freinage qui n'était plus conforme.
Le garagiste qui l'avait retapée a proposé de la prendre pour le prix de son travail. Il a fait avec elle quelques sorties de "oldtimers".

 

Au royaume des aveugles...

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Dans le hall d'entrée de la National Gallery à Londres, j'ai remarqué un avis mentionnant que les chiens y sont interdits, à l'exception toutefois des chiens d'aveugles.
Je pense que ce sont les chiens qui admirent les tableaux...

 

La consigne, c'est la consigne !

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White Swan Guangzhou
Vers la fin d'un grand voyage en Chine en 1988, nous logions à l'Hôtel du Cygne Blanc à Canton. Situé sur le bord de la Rivière des Perles, son hall immense est agrémenté d'un jardin avec une cascade.
Les Chinois peuvent le visiter, à condition d'être vêtus correctement. Il faut dire qu'en été ils ont souvent l'habitude de retrousser leur pantalon et leur chemise pour aérer leurs mollets
et leur ventre. A l'entrée de l'hôtel, un policier vérifie que les visiteurs ont une tenue correcte.
Alors que nous sortions, un Suédois rentrait en short d'un tour en ville. Le cerbère de faction lui a interdit l'entrée. Il eut beau montrer son passeport et sa clé de chambre, rien n'y fit. Il a dû confier sa clé à une tierce personne, qui est allée lui chercher un pantalon, qu'il a revêtu sur la rue avant de regagner sa chambre.

 

Le dernier roi du Wurtemberg

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Guillaume II
Pendant l'été 1914, mon père était à Stuttgart chez des cousins. Il avait alors 11 ans.
Le contexte politique était explosif : on sentait venir la guerre. Des troupes faisaient des exercices dans une plaine et mon père allait y assister souvent.
Les petits Allemands n'étaient pas encore en vacances, si bien qu'il était le seul gamin à observer les soldats.
Un vieux monsieur en uniforme lui demanda pourquoi il n'était pas à l'école, ce que mon père lui expliqua. "Alors tu parles français" lui dit l'homme qui se présenta comme le roi du Wurtemberg. Dès lors, tous les jours, le roi et mon père, qu'il appelait "le petit Français", conversèrent dans la langue de Molière. Le monarque se désolait de l'imminence de la guerre.
Guillaume II de Wurtemberg était un homme simple et très aimé. Il se promenait souvent seul dans les rues de Stuttgart en distribuant des bonbons aux enfants. Il abdiqua après la guerre en 1918 et mourut en 1921.

 
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Lorsque j'ai créé l'Association romande des éleveurs de chiens de race, nous avons voulu être une section de la Société cynologique suisse. Nous avons envoyé nos statuts à son Comité central.
En Suisse romande, il va de soi que toutes les fonctions mentionnées au masculin dans les statuts peuvent aussi être
assumées par des femmes. Cette évidence ne semblait pas avoir cours au-delà de la Sarine. Le comité central nous a recommandé de corriger notre texte avec « président-e » ou « trésorier-ère ».
Nous avons répondu en demandant si, quand nous parlions de chiots, il fallait aussi les mentionner au féminin. La SCS n’a
pas insisté et nous a accordé le statut de section.

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Notre Havane et ses chiots
 
C'est vendredi 13. Des cohortes de joueurs vont tenter leur chance, pensant que cette date leur portera bonheur.
Quelle erreur ! Du moment qu'il y a plus de joueurs, chacun a moins de chance de gagner !
 
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Charles Dutoit
J'ai acheté récemment un CD audio de Stravinsky avec L'histoire du Soldat et Renard, sous la direction de Charles Dutoit, avec Eric Tappy.
Cela m'a rappelé un vieux souvenir, qui doit dater de 1955 environ. A l'époque, je prenais le tram à Malley pour me rendre au Collège Classique à Béthusy. J'y rencontrais régulièrement un copain et nous parlions musique. C'était souvent animé, car il était fan de Wagner, alors que j'adulais Mozart.
Un jour, une dame nous a gentiment apostrophés. Elle était, soyons gentil, assez plantureuse et portait un gros panier. S'excusant de nous interrompre, elle nous dit que son fils avait formé un petit ensemble qui allait donner bientôt un concert Stravinsky à Renens et qu'il y aurait aussi un chanteur qui était alors instituteur dans cette ville.
Je me suis rendu à ce concert pour écouter une musique qui m'a semblé terriblement moderne (je m'y suis fait depuis lors).
Le chef était Charles Dutoit, qui a fait ensuite une immense carrière à la tête des plus prestigieux orchestres.
Quant au ténor de Renard, c'était Eric Tappy, qui est devenu une star qui a chanté sur les plus grandes scènes du monde.

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Eric Tappy