Category: Voitures -    Les carnets de Louis
 
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Après avoir vendu la propriété familiale à Lausanne et acheté la maison que j'occupe actuellement à Villars-le-Terroir, mon père a décidé d'acheter une jolie voiture pour la famille. Le choix s'est porté sur une BMW 1500 de couleur crème. En fait, c'est moi qui conduisais le plus souvent cette voiture.
Je faisais alors mes études de droit à l'Université de Neuchâtel et j'avais un studio à Colombier. Je rentrais chaque week-end dans la famille. Le lundi matin, de très bonne heure, je retournais à mon studio pour prendre mes affaires afin d'être à 8 heures au cours.
Il y a près de 50 km entre Villars-le-Terroir et Colombier. Je faisais régulièrement le trajet en à peine plus de 30 minutes. Il n'y avait pas d'autoroute à l'époque et il fallait traverser Yverdon et les villages du bord du lac. En dehors des localités, le compteur indiquait le plus souvent 150 km/h. Ah, l'insouciance de la jeunesse !

 
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Ce ne fut pas ma voiture, mais celle de mon père. Je la mentionne car j'ai eu souvent à la conduire.
Cette marque aujourd'hui disparue faisait partie du groupe "Auto-Union", appelé actuellement Audi.
Cette voiture était assez pétaradante, avec son moteur à deux temps et trois cylindres. Pour faire le plein, il fallait d'abord mettre de l'huile, puis la quantité exacte d'essence.
Elle avait encore la particularité d'avoir une roue libre enclenchable, qui supprimait le frein moteur. Dans les descentes, elle continuait sur sa lancée alors que le moteur tournait au ralenti. Ce dispositif, censé économiser du carburant, est maintenant interdit.

 
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Après l'échec de la remise en route de la Morris 1935, mon père m'a offert une Opel Rekord décapotable d'occasion. C'est à son volant que j'ai pu faire après mon baccalauréat un périple d'un mois à travers la France avec trois copains.
Je l'ai gardée quelques années. Ce fut la voiture de mes vingt ans. Heureusement qu'elle n'a pas pu raconter toutes mes frasques...

 
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Ce fut la voiture de ma prime enfance. Le plancher était en bois croisé. Il n'y avait pas de chauffage. Il y avait bien une sorte de climatisation : on pouvait ouvrir un déflecteur qui déviait l'air extérieur au niveau des mollets. Pas de clignotant, mais des "signofiles"; la commande faisait jaillir de son logement une flèche rouge éclairée qui se rabattait ensuite.
Mon père a parcouru plusieurs centaines de milliers de kilomètres avec cet engin. Il est resté ensuite fidèle à la marque avec une Morris Minor.
J'ai eu le plaisir de conduire cette antiquité une seule fois. Pour fêter mon baccalauréat, mon père avait pensé faire réviser la vieille Morris qui était restée au fond d'un garage, afin que je puisse faire à son volant un voyage en France. Après les travaux, je l'ai conduite au Service des automobiles. Mais elle a été recalée à cause d'un système de freinage qui n'était plus conforme.
Le garagiste qui l'avait retapée a proposé de la prendre pour le prix de son travail. Il a fait avec elle quelques sorties de "oldtimers".

 

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Borgward Pullman
En 1958, j'avais alors 17 ans. Ma soeur était mariée (pour la Xe fois !) au Caire. Début juillet, elle était en visite chez mes parents. Elle allait repartir pour l'Egypte et avait trouvé une connaissance disposée à faire le voyage avec sa voiture. L'itinéraire était de rejoindre Marseille, mettre le carrosse et les voyageurs sur un bateau pour Tunis, longer la côte tunisienne puis celle de la Libye par Tripoli et Benghazi, pour rejoindre Alexandrie et enfin Le Caire.
J'étais alors au Gymnase et j'avais des vacances jusqu'à fin août. Ma soeur a proposé que je fasse aussi le voyage. Mes parents ont accepté, pensant que les voyages forment la jeunesse. Hommage à leur courage.
La voiture dans laquelle nous avons fait ce périple était une Borgward Pullman, marque aujourd'hui disparue. C'était une grosse limousine noire, avec une place si grande à l'arrière qu'il y avait encore des strapontins qu'on pouvait déplier derrière les sièges avant.